Quand une erreur de traduction a des conséquences facheuses

Une petite anecdote en ce WE ensoleillé relatant une traduction malheureuse….et fâcheuse

 

Je reprends ici un billet de La Tribune .

Une simple erreur de traduction a précipité ce vendredi l'euro sous la barre de 1,20 dollar, pour la première fois depuis mars 2006. Il est près de 14h30 quand François Fillon, en déplacement au Canada, répond dans une conférence de presse à une question sur la dégringolade de la devise européenne. Il indique qu'il ne voit "que des bonnes nouvelles dans la parité entre l'euro et le dollar".

Les agences de presse anglophones reprennent immédiatement ses déclarations. Trop rapidement peut-être : dans la précipitation elles traduisent "parité" par "parity", un faux-ami. En français, le terme "parité" signifie en effet "taux de change d'une monnaie par rapport à une autre" alors que "parity" s'entend dans le sens étroit d'une égalité parfaite entre les devises

Et voila donc, le gouvernement français qui milite pour qu'un euro s'échange contre un dollar. Un quiproquo qui a obligé Matignon à préciser les propos de François Fillon. Mais le mal était fait : en quelques minutes, les cambistes, déjà inquiets de la situation financière de la Hongrie,  vendent de l'euro, qui chute à son plus bas niveau depuis quatre ans.

 

Les traducteurs professionnels ont encore des beaux jours devant eux !

5 Comments

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  • Catherine Guilliaumet
    Posted 7th June 2010 7:43 am 0Likes

    Pourquoi "fâcheuse" ? Vive les erreurs de traduction de ce genre ! Moi, je suis ravie. Je rêve de revenir à la "parity". C'est tout bon pour nous, pôvres traducteurs européens … enfin !  🙂
    D'ailleurs, les marchés financiers n'ont pas eu besoin de cette erreur de traduction pour faire passer l'euro à 1,1894 ce matin (7 juin 2010), la cacophonie préparatoire du G20 et la Hongrie s'étant montrées largement à la hauteur de la tâche ce weekend  😀
    Bonne journée lucrative à tous
    Catherine

  • anne sophie
    Posted 16th June 2010 4:16 pm 0Likes

    Je n'ai jamais pensé que la traduction d'un simple terme pourra à ce point faire des fluctuation sur l'euro.
    Ce qui m'étonne le plus que des traducteurs peuvent faire ce types d'erreurs !

  • Le vieux Gustave
    Posted 28th February 2011 11:03 am 0Likes

     
    Qu'on m'excuse d'intervenir comme les carabiniers, mais je me permets de suggérer que François Fillon a peut-être été un peu maladroit dans le choix de son vocabulaire, car pour des Français aussi le mot «parité» peut évoquer l'égalité absolue: que l'on pense à la parité tant réclamée entre hommes et femmes. Je pense d'ailleurs à ce vieux manuel bilingue de conversation paru avant la guerre de 1914: «En quelle monnaie désirez-vous être payé? En billets de banque, en or ou en argent? – En billets de banque. – Ils sont fort chers en ce moment; vous payerez trois pour cent. – Ce serait une perte considérable. – Les louis d'or sont au pair. – Dans ce cas, je vous prie de me payer en or.» Il est évident que l'expression «au pair» signifie que l'on touchera l'intégralité de la somme. J'avoue même que, peu familier des questions financières, j'aurais pu me tromper moi aussi; aucun traducteur en exercice ne l'avouera, un vieux retraité peut se le permettre: Claude Piron, traducteur de très haut niveau, recruté à l'issue d'un concours fort difficile, a pu s'autoriser certaines confidences sur ses bévues dans Le Défi des Langues, mais c'est qu'il avait quitté le métier et n'avait plus de clients à chercher.
    À propos d'erreurs de traduction restées dans l'histoire, rappellons la trop fameuse dépêche d'Ems. Le roi de Prusse Guillaume Ier, ayant refusé de recevoir une fois de plus l'ambassadeur de France, le lui a fait savoir «durch den Adjutanten vom Dienst», c'est-à-dire par son aide de camp de service, en l'occurrence un haut personnage, le prince Radziwill. Les journaux français du lendemain, qui auraient eu le temps de faire traduire correctement, ont mal compris le mot et ont écrit par «l'adjudant de service». La France y a vu une insulte et a déclaré la guerre qui lui a fait perdre l'Alsace-Lorraine; à Strasbourg d'où j'écris, on en sait quelque chose.
    Notons que Systran nous donne aussi «l'adjudant du service» et Google «l'adjudant de service»; Promt s'approche un peu plus avec «l'officier d'ordonnance du service». Ajoutons que tous traduisent «parité» par «parity». Je ne leur en veux pas car pour moi ce sont de bons outils, entre les mains d'un traducteur bien sûr. 

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